La base - L’exportation du RAW vers Photoshop - 16 bits pourquoi ?

Ça reste un choix personnel, mais je n’utilise mon développeur RAW (Adobe Lightroom) quasiment que pour son gestionnaire de bibliothèque d’image.

Avant d’exporter

Avant d’exporter mon RAW vers photoshop CS2, je règle la balance des blancs et je m’assure que la plupart des autres paramètres par défaut sont remis à zéro, ceci afin de préserver au maximum les données brutes du capteur et donc la plus grande plage dynamique. Je fais particulièrement attention à ce que l’accentuation (Sharpen) soit désactivée. Je la désactive uniquement parce que je m’apprête à traiter mon image sous photoshop et parce que certains traitements réagissent mal sur une image accentuée artificiellement. L’accentuation est, la plupart du temps, le dernier traitement que je fais sur l’image aplatie et voici pourquoi :

  • Etape 1 : A gauche l’image exportée sous photoshop avec une accentuation, à droite sans accentuation
  • Etape 2 : Je fais un même traitement assez violent sur le ciel pour mettre en évidence le problème
  • Etape 3 : On voit clairement que le traitement a fait ressortir les contours blancs autour de la cheminée et il a accentué le bruit du ciel
  • Etape 4 : Accentuation finale de l’image de droite, bon ben c’est peut-être une question de goût, mais moi je préfère ce résultat :P

 
nosharpen.jpg

L’édition en 16 bits par canal

Ma source RAW ayant une définition de 12-bits, si je l’exporte en 8-bits je tronque 4-bits par canal, autrement dit j’élimine des nuances de mon image. Donc c’est assez évident que si je souhaite conserver toute l’information de cette source je doit travailler dans un espace pouvant accueillir sa pleine définition. Sous photoshop, la définition supérieure c’est le 16-bits par canal et le 12 bits étant un sous-ensemble du 16 bits … je ne perds rien.

Alors vous vous êtes peut-être déjà posé la question “mais pourquoi, alors que je bosse en 16-bits, mon sélecteur de couleur m’affiche toujours des valeurs qui vont de 0 à 255 (soit 28 = 8bits) pour chaque composante, ça devrait pas être de 0 à 65535 (soit 216 = 16bits) ?”, nan ? Parce que moi je me la suis posé :D .

J’ai trouvé trois réponses à ma question en fouillant sur la toile :

  • La première que j’ai trouvé c’est “impossible d’afficher l’histogramme puisqu’il faudrait un écran qui affiche 65536 pixels en largeur”, celle-là je l’ai trouvé plutôt douteuse puisqu’il est toujours possible d’afficher un histogramme avec une certaine échelle et ce dernier peut éventuellement avoir une option de zoom.
  • La deuxième c’est “Si on te présente sur ton écran un dégradé du noir vers le bleu avec 256 nuances et qu’on te présente le même avec 65536 nuances … il y a peu de chance pour que tu vois la différence, photoshop travaille effectivement en 16-bits en interne, mais présente au final une sortie écran en 8-bits”, là j’adhère déjà plus mais en même temps j’ai déjà lu que l’oeil humain était capable de discerner environ 500 nuances d’une même couleur, soit approximativement 9-bits
  • La troisième est très proche de la deuxième mais c’était plutôt un truc du genre “Les moniteurs et les cartes vidéos sont 8-bits par canal donc il est inutile de leur demander d’afficher une image 16-bits puisqu’ils en sont incapables, photoshop travaille effectivement en 16-bits en interne, mais présente au final une sortie écran adaptée à ce que peut afficher l’écran, soit 8-bits”. J’ai accepté celle-ci comme réponse. Du coup je me demande bien comment ces fameux écrans laCie qui prétendent afficher du 12 bits peuvent être exploités à l’heure actuelle, étant donné que photoshop envoie une sortie écran 8-bits et que les cartes vidéos sont elle aussi en 8-bits / canal (j’ai lu qu’il commençait à y avoir des 10-bits … mais bon c’est pas 12), donc au final la finesse de ces écran est-elle inexploitable ou bien est-ce que quelque chose m’échappe ? Si vous en savez plus à ce sujet j’aimerais bien que vous nous le partagiez ;) .

Bref, le principal est de savoir que même si la sortie écran, l’aperçu est en 8-bits on travaille bien sur des données ayant une définition de 16-bits et c’est assez facile à mettre en évidence :

1. Je prends un dégradé du bleu au noir, pas de différence visible entre le 8-bits et 16-bits

8bit_vs_16bits_1.jpg

2. Je sélectionne maintenant une petite portion de ce dégradé et je l’étale sur toute la largeur pour constituer un dégradé de faible amplitude, toujours pas de différence visible entre les deux et c’est normal

8bit_vs_16bits_2a.jpg

8bit_vs_16bits_2b.jpg

3. J’ajoute maintenant un calque de réglage de niveaux et je reserre les niveaux ceci afin de contraster l’image et ainsi faire apparaitre le nombre de nuances qu’il y a dans ce “mini dégradé”

8bit_vs_16bits_3.jpg

4. La preuve est faite, le 16-bits comporte bien plus de nuances que le 8-bits

8bit_vs_16bits_4.jpg

J’ai l’habitude de travailler mes images selon une méthode non-destructive, ce qui veut dire que mon original est toujours le premier calque et j’empile les calques de réglage par dessus. En 8-bits, on peut rapidement obtenir des combinaisons qui dégradent passablement l’image, surtout quand on utilise des masques avec des dégradés comme je le fais souvent, certes c’est souvent de notre faute comme un mauvais choix dans l’ordre des calques ou autre … mais en 16-bits, il est rare que j’atteigne des limitations autres que celles de la source elle-même ou alors faut vraiment le faire exprès :roll: , bref travailler en 16-bits c’est quand même plus de souplesse.

L’exemple grossier ci-dessous vise juste à montrer que malgré une déstruction volontaire de l’information de la source (décontraste violent + reconstraste violent) la richesse du 16-bit permet un bon maintient de l’image comparativement au 8-bits.

8bit_vs_16bits_photo.jpg

4 Commentaires »

  1. Bel article
    j ajouterai que si tu veux travailler tes images pour de l impression grand format la difference est flagrante
    bosser en 8bit c ‘est comme si au moment d appuyer sur le declencheur tu te disais
    “celle là je la fait uniquement pour du 10 par 15 ”
    c’est idiot :)

    Julien : A bon ? Tu crois vraiment que la différence est si visible même si tu ne fais pas de retouche ? Celà voudrait-il dire que lors d’un agrandissement de la source de l’image avant impression (genre je passe de 240dpi à 360dpi), le calcul d’interpolation serait nettement supérieur en 16-bits ?.

    Comment by romu — August 3, 2007 @ 2:46 pm

  2. (genre je passe de 240dpi à 360dp)
    Plutot genre je passe de 300 à 150 :)

    oui jai constaté cà pour des scan de neg n et b
    sur des format de 1m
    les gammes de gris etaient plus riches

    Julien : Intéressant Romu, merci pour cette info :)

    Comment by romu — August 3, 2007 @ 4:57 pm

  3. Quand tu exportes de ton derawtiseur (pour moi NX) il passe le nef en .tiff ; tu travailles dans ce format ou tu l’enregistres de suite en psd ?

    Julien : Ben en fait j’utilise Lightroom et il m’exporte direct en PSD, mais je ne pense pas que ça ait de l’importance … Le PSD qui s’ouvre sous photoshop n’a probablement pas de différence avec un TIFF 16-bits vu qu’il est “mono-layer”. Pis bon … lightroom c’est adobe, tu demande à lightroom d’exporter vers photoshop qui est adobe … donc il vont pas te faire passer par un TIFF :mrgreen:
    Mais bon à l’époque ou j’utilisais rawshooter, mon export se faisait en tiff et oui à la première sauvegarde je passais en PSD, ceci afin de préserver tous les paramètres de mon édition (ça m’arrive souvent que je repasse sur une image des mois plus tard et que je modifie la valeur d’un ou plusieurs calques)

    Comment by Personne — August 16, 2007 @ 4:32 am

  4. J’étais déjà au courant de tout cela, mais c’est très agréable de voir les preuves imagées à l’appui, très bel article… Aussi ça faisait un petit bout de temps que je n’étais pas venu voir le site j’aime beaucoup les modifications….

    “bosser en 8bit c ‘est comme si au moment d appuyer sur le declencheur tu te disais
    “celle là je la fait uniquement pour du 10 par 15 ”
    c’est idiot”

    “idiot”… dépends toujours des besoins… si tu dois shooter 3000 photos dans ta journée et qu’au final le tout sera imprimé en 8×10 maximum, j’aurais tendance à privilégier le 8 bit quand même pour sauver en temps de post-process et espace de stockage…

    Comment by kekun — May 14, 2009 @ 11:27 am

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